Pourquoi le pick par défaut tue les sites IA
La plupart des AI website builders pick leurs decisions design par défaut : Inter pour la typo, une palette dérivée d'une couleur de marque fournie, et un layout centré standard. C'est sûr, c'est universel, c'est sans signature.
Le problème : Inter est utilisée par 40 % des sites du web actuel. Quand on l'utilise par défaut, on ne distingue pas. Pareil pour les palettes : si on dérive automatiquement une teinte primaire en 9 shades, on obtient les mêmes 9 shades que tout le monde. Pareil pour les layouts : si on tombe toujours sur le hero centré par sécurité, on signe « générique ».
La design intelligence d'Eufya prend le pari inverse : pick intentionnellement en fonction du contexte. Le secteur du projet, l'audience, le ton, et les références esthétiques influencent chaque décision design. Le résultat est rarement le « plus sûr », mais c'est presque toujours le plus pertinent.
Étape 1 : détection du registre éditorial
Avant de pick quoi que ce soit, Eufya déduit du brief un registre éditorial. C'est une combinaison de trois dimensions : la formalité (corporate sérieux vs éditorial vs casual), l'âge (institution traditionnelle vs marque jeune), et la technicité (consumer-friendly vs technique pour pros).
Une plateforme RH B2B pour grandes entreprises est typiquement : formel haut, âge moyen, technicité moyenne. Une marque DTC de cosmétiques jeunes est : formel bas, âge jeune, technicité basse. Une boîte de cybersécurité pour CISO est : formel haut, âge variable, technicité haute.
Cette détection est faite par un LLM contraint à choisir parmi une grille de 27 archétypes (3 niveaux x 3 niveaux x 3 niveaux). L'archétype dérivé conditionne toutes les décisions design qui suivent : typo, palette, composition, ton de la copy.
Étape 2 : pick des fonts par secteur et registre
Eufya maintient une bibliothèque de 60+ fonts catégorisées par registre. Pour chaque archétype éditorial, un sous-ensemble de fonts est éligible.
Un registre formel-haut institutionnel pourra piocher dans : GT America, Söhne, NB Architekt, Untitled Sans pour le grotesque, Tiempos, PP Editorial, ABC Diatype Mono pour les serifs et les monos. Un registre casual jeune piochera dans : Inter, DM Sans, Manrope, Satoshi pour le sans, Caveat, PP Editorial New pour les contrastes éditoriaux.
Le pick final dans la sous-liste est influencé par le secteur (luxe → serif éditorial préféré, tech → grotesque rationnel), par les références esthétiques du brief (« comme Stripe » oriente vers les fonts proches), et par les exclusions explicites (« pas d'Inter »).
Le résultat : on évite le Inter par défaut, on obtient une signature typographique qui correspond au registre du projet, et on garde la diversité de choix entre projets.
Étape 3 : palette dérivée par secteur, pas par couleur
Les outils par défaut prennent la couleur primaire du brief et génèrent les 8-9 shades par algorithme HSL. C'est techniquement valide, c'est esthétiquement médiocre.
Eufya prend une approche inverse : la palette est d'abord dérivée du secteur et du registre, et la couleur primaire du brief y est intégrée en respectant l'harmonie sectorielle.
Exemples concrets : un secteur fintech B2B aura des palettes typiquement froides (bleus, gris-bleu, peu de saturation), avec un accent chaud (souvent un orange ou un jaune contrôlé) pour les CTAs et les états importants. Un secteur food artisanal aura des palettes chaudes (crèmes, marrons, terracotta), avec une couleur d'accent profonde (un vert sauge, un rouge brique).
La couleur primaire fournie par l'utilisateur est intégrée dans la palette sectorielle. Si l'utilisateur fournit un violet pour un projet fintech, le pipeline ajuste : il garde le violet pour l'accent CTA mais construit le reste de la palette sur des neutres sectoriels (gris froids, bleus profonds) pour rester cohérent au registre.
Étape 4 : layout pondéré selon les patterns sectoriels
Les layouts ne sont pas piochés au hasard. Pour chaque archétype éditorial, Eufya maintient une liste pondérée de patterns de composition qui marchent dans ce contexte.
Pour un SaaS B2B technique : asymétrie hero/produit dominante, sections bénéfices en grille 2+1 (un mis en avant), pricing en tableau comparatif typographique plutôt qu'en cards isolées. Pour un site de service local : hero éditorial avec photo authentique du lieu/équipe, sections texte+photo alternées, focus sur la zone géographique et les contact infos.
Les patterns ne sont pas immuables. Le scoring de variantes (Hero Lab) génère plusieurs compositions dans des registres voisins et l'utilisateur peut explorer. Mais le pipeline biaise initialement vers les compositions qui marchent dans le secteur, plutôt que d'imposer un layout uniforme.
Étape 5 : espacements et densité d'information
La densité d'information est une dimension sous-estimée du design. Un site corporate institutionnel peut avoir une densité plus basse (espaces blancs généreux, peu de texte par section, hiérarchie aérée). Un site produit B2B dense doit afficher beaucoup d'informations comparatives sans paraître chaotique.
Eufya ajuste l'échelle d'espacement et la longueur de copy par section en fonction du registre. Pour un site luxe : sections avec 60-80px de padding vertical, copy ramassée à 60-80 mots par section, focus sur la respiration. Pour un site SaaS B2B : 48-64px de padding, copy plus dense à 120-180 mots par section, accent sur l'argumentation détaillée.
Le pipeline calibre ces choix sans que l'utilisateur ait à les nommer. Il fournit le brief sectoriel, le système ajuste. Si l'utilisateur veut surcharger (« plus dense », « plus aéré »), il peut le préciser dans le brief.
Étape 6 : la cohérence trans-sections
L'erreur classique des AI builders : le hero est OK, mais dès la section 2 on retombe dans le générique parce que chaque section est générée indépendamment. La cohérence stylistique est rompue.
Eufya propage les décisions design du hero validé à toutes les sections suivantes : même typo, même palette, même registre de composition, même rythme d'espacement. Les sections suivantes ne sont pas générées « from scratch », elles héritent d'un contexte stylistique.
Cela ne veut pas dire que toutes les sections se ressemblent. Au contraire : chaque section a une composition propre adaptée à son rôle (la grille bénéfices n'est pas la grille pricing). Mais le « langage visuel » reste constant : même hiérarchie de titres, mêmes radius de cards, mêmes ombres, même densité d'information.
Le résultat : un site qui sent unifié, qui a une vraie signature, et qui ne donne pas l'impression d'avoir été assemblé à partir de blocs hétérogènes.
Le rôle des références esthétiques fournies
Quand l'utilisateur fournit 2-3 références esthétiques dans son brief (« comme Linear, Stripe et Vanta »), Eufya les analyse et extrait leurs invariants : typographie utilisée, ratios de hiérarchie, palette dominante, type de composition hero, signature de micro-détails.
Ces invariants sont injectés dans les contraintes design du projet, en plus des défauts sectoriels. Si les références indiquent un goût pour les fonts éditoriales, Eufya pondère vers les fonts éditoriales de sa bibliothèque. Si les références ont toutes un hero asymétrique, Eufya privilégie ce pattern dans les variantes générées.
Les références ne dictent pas le design final — l'utilisateur ne veut pas un clone de Linear — mais elles informent la direction. C'est l'équivalent du « moodboard d'inspiration » qu'un designer humain utiliserait, intégré dans le pipeline algorithmique.